Vertiges, étourdissements : quand le stress vous fait perdre pied
Tête légère, impression de tanguer, instabilité ou vertige dans les lieux très animés : ces sensations peuvent être très déstabilisantes, même lorsque les examens sont rassurants.
Un vertige ne doit jamais être attribué automatiquement au stress. L’oreille interne, la vision, la migraine, la tension artérielle, certains médicaments ou d’autres causes médicales peuvent être impliqués et nécessiter une évaluation adaptée.
Mais lorsque les symptômes persistent, s’accentuent avec l’anxiété ou apparaissent surtout dans les environnements visuellement chargés, le fonctionnement conjoint de la vision, de l’équilibre et de l’état de vigilance mérite aussi d’être compris.
Vertige, étourdissement, instabilité : de quoi parle-t-on ?
On utilise souvent le mot « vertige » pour décrire des sensations assez différentes.
Un véritable vertige correspond généralement à une illusion de mouvement : impression que la pièce tourne, que le corps bascule ou que l’environnement se déplace alors que l’on est immobile.
L’étourdissement peut davantage ressembler à une tête légère, une sensation cotonneuse ou l’impression que l’on pourrait défaillir. D’autres personnes décrivent plutôt une instabilité, comme si elles marchaient sur un sol mouvant ou manquaient momentanément de repères.
Cette distinction compte, car les mécanismes possibles ne sont pas nécessairement les mêmes.
Avant de parler de stress, il faut rechercher la cause du vertige
Stress et anxiété peuvent accompagner ou amplifier des vertiges, mais ils ne doivent pas devenir une explication automatique.
Parmi les causes possibles figurent notamment certains troubles de l’oreille interne, le vertige positionnel paroxystique bénin, la migraine vestibulaire, des variations de tension artérielle, une déshydratation, certains médicaments ou différents troubles neurologiques.
Un premier épisode important, des symptômes nouveaux ou des vertiges récurrents méritent donc d’être discutés avec un professionnel de santé.
La distinction est d’autant plus importante que certaines personnes finissent par entendre que leurs vertiges sont « nerveux » après des examens rassurants. L’absence d’anomalie identifiée ne signifie pas que la sensation est imaginaire. Il existe notamment des troubles vestibulaires fonctionnels reconnus, dans lesquels la manière dont le cerveau traite les informations liées à l’équilibre peut jouer un rôle.
Comment notre cerveau maintient-il l’équilibre ?
Se tenir debout et se déplacer paraît automatique, mais demande en réalité une coordination permanente entre plusieurs sources d’information.
La vision renseigne sur notre position par rapport à l’environnement et sur les mouvements qui nous entourent.
Le système vestibulaire, situé dans l’oreille interne, détecte notamment les mouvements et accélérations de la tête.
La proprioception transmet au cerveau des informations provenant des muscles et des articulations sur la position du corps.
Le cerveau confronte ces différentes informations pour construire une représentation cohérente de notre position dans l’espace.
Lorsque les messages concordent, nous n’y prêtons aucune attention. Lorsqu’ils deviennent difficiles à intégrer ou qu’un système prend une importance excessive, des sensations d’instabilité, de désorientation ou de mouvement peuvent apparaître.
Pourquoi certains vertiges augmentent-ils avec le stress ou l’anxiété ?
Le lien entre vertiges et anxiété fonctionne dans les deux sens.
Une sensation soudaine de perte d’équilibre est naturellement inquiétante. Après quelques épisodes, on peut commencer à surveiller davantage son corps, sa démarche ou les mouvements autour de soi.
Cette vigilance accrue rend parfois chaque petite sensation beaucoup plus perceptible.
L’anxiété peut aussi modifier la respiration, augmenter les tensions musculaires et renforcer l’attention portée aux signaux corporels. Chez certaines personnes, cela participe à un cercle dans lequel le vertige provoque de l’inquiétude et l’inquiétude augmente à son tour la perception de l’instabilité.
Cela ne signifie pas que l’anxiété « invente » le symptôme.
Dans certains troubles de vertige chronique, la recherche décrit justement une interaction entre vigilance corporelle, dépendance visuelle, contrôle postural et traitement des informations sensorielles.
Supermarchés, foule, écrans : quand la vision devient particulièrement sollicitante
Certaines personnes se sentent relativement stables chez elles mais beaucoup moins dans un supermarché, un centre commercial, une gare, une foule ou devant des images qui défilent rapidement.
Le nombre important d’éléments en mouvement sollicite fortement le système visuel.
Si le cerveau accorde beaucoup de poids aux informations visuelles pour maintenir l’orientation et l’équilibre, ces environnements peuvent devenir inconfortables : sensation de tangage, tête légère, difficulté à fixer le regard ou besoin de sortir rapidement.
Ce phénomène de sensibilité aux environnements visuellement complexes est notamment décrit dans la PPPD — persistent postural-perceptual dizziness, appelée en français vertige perceptif postural persistant.
Dans ce trouble vestibulaire fonctionnel reconnu, les symptômes persistent pendant au moins trois mois et sont typiquement aggravés par la station debout, les mouvements et les environnements visuels complexes. La PPPD peut apparaître après un trouble vestibulaire, une migraine, une maladie ou une période de détresse psychologique. Elle ne se résume donc pas à « être anxieux ».
Seul un professionnel formé à ces troubles peut poser ce diagnostic.
La peur du prochain vertige peut entretenir l’hypervigilance
Après un épisode impressionnant, il est courant de se demander quand il va revenir.
Certaines personnes commencent alors à éviter les transports, les magasins, les lieux fréquentés ou les situations dans lesquelles elles ont déjà ressenti un vertige.
Cette anticipation peut conduire à surveiller en permanence sa tête, sa vision, son équilibre ou sa respiration.
Plus l’attention est focalisée sur ces sensations, plus elles deviennent présentes. L’évitement peut aussi limiter progressivement les occasions de retrouver confiance dans certaines situations.
C’est l’une des raisons pour lesquelles la prise en charge des vertiges persistants peut être multidisciplinaire. Selon la cause, elle peut notamment faire intervenir un médecin ORL ou neurologue, une rééducation vestibulaire ou une prise en charge spécifique de l’anxiété. Les approches combinant réadaptation vestibulaire et composantes cognitivo-comportementales sont notamment étudiées dans les vertiges fonctionnels.
Et les tensions de la nuque ?
Les personnes sujettes aux vertiges rapportent également assez souvent une nuque ou des trapèzes très tendus.
Stress, posture de protection, peur de bouger la tête ou temps prolongé devant les écrans peuvent contribuer à ces tensions.
Il faut toutefois rester prudent avant de conclure qu’une tension cervicale est « la cause » d’un vertige. Plusieurs phénomènes peuvent coexister, et la présence de douleurs cervicales n’exclut pas une origine vestibulaire ou une autre cause médicale.
Quand un vertige nécessite-t-il une consultation rapide ?
La majorité des vertiges n’est pas liée à une urgence neurologique, mais certains signes doivent conduire à demander rapidement un avis médical.
C’est notamment le cas lorsqu’un vertige apparaît brutalement avec :
une faiblesse ou un engourdissement d’un côté du corps ;
une asymétrie du visage ;
des difficultés soudaines à parler ou à comprendre ;
une vision double inhabituelle ;
une importante difficulté nouvelle à marcher ;
une perte de connaissance ;
un mal de tête brutal et inhabituel.
Une baisse auditive brutale associée à un vertige mérite également une évaluation médicale rapide.
Les signes neurologiques apparaissant brutalement peuvent notamment évoquer un accident vasculaire cérébral et justifient une prise en charge urgente.
Quelle place pour le Training Neuro Sensoriel en cas de vertiges ou d’instabilité ?
Le Training Neuro Sensoriel ne remplace ni un bilan ORL, ni un bilan neurologique, ni une rééducation vestibulaire lorsqu’ils sont indiqués.
Il peut être envisagé de manière complémentaire lorsque les examens nécessaires ont été réalisés et que les symptômes s’inscrivent dans un tableau plus large de forte réactivité, d’hypervigilance ou de sensibilité aux informations visuelles.
Le bilan commence par un échange sur les symptômes : type de vertige ou d’instabilité, circonstances d’apparition, situations aggravantes, sommeil, stress et examens déjà effectués.
Une partie du bilan se déroule ensuite avec des diploscopes.
Ces appareils optiques présentent différentes images séparément aux deux yeux. Le praticien observe les réponses obtenues lors de différents exercices de vision binoculaire et la manière dont la personne s’adapte aux sollicitations proposées.
Dans le cadre du Training Neuro Sensoriel, ces observations sont utilisées pour établir un profil neurosensoriel et déterminer si un entraînement paraît pertinent.
Lorsque c’est le cas, les séances utilisent progressivement les diploscopes selon un protocole individualisé.
L’objectif n’est pas d’affirmer que la vision serait la cause de tous les vertiges ni que le Training Neuro Sensoriel traite une maladie vestibulaire. Il s’agit d’explorer le fonctionnement neurosensoriel lorsque la vision, l’état de vigilance et la manière dont le corps réagit aux stimulations semblent faire partie du tableau.
Vertiges et anxiété : ce qu’il faut retenir
Un vertige ou une sensation d’instabilité peut avoir de nombreuses origines. Lorsqu’un symptôme apparaît ou persiste, chercher sa cause médicale reste la première étape.
Mais des examens rassurants ne signifient pas nécessairement que « tout est psychologique ».
Chez certaines personnes, les vertiges persistants impliquent aussi la façon dont le cerveau combine les informations visuelles, vestibulaires et proprioceptives. Le stress, l’hypervigilance et la peur d’un nouvel épisode peuvent alors participer à leur maintien ou à leur amplification.
C’est dans ce contexte, et en complément des prises en charge indiquées, que le fonctionnement neurosensoriel peut être exploré.
Questions fréquentes
Le stress peut-il réellement provoquer des vertiges ?
Le stress et l’anxiété peuvent déclencher ou amplifier certaines sensations d’étourdissement et contribuer à des vertiges persistants chez certaines personnes. Ils ne permettent cependant pas d’expliquer tous les vertiges. Une origine vestibulaire, neurologique, cardiovasculaire ou autre doit être envisagée selon les symptômes.
Pourquoi ai-je des vertiges surtout dans les magasins ou les lieux très fréquentés ?
Les environnements comportant beaucoup de mouvements et d’informations visuelles peuvent accentuer certains troubles de l’équilibre. Cette sensibilité visuelle est notamment décrite dans le vertige perceptif postural persistant, mais elle peut également apparaître dans d’autres troubles vestibulaires.
Peut-on avoir des vertiges alors que les examens sont normaux ?
Oui. Certains troubles fonctionnels vestibulaires peuvent produire des symptômes réels sans lésion structurelle mise en évidence par les examens habituels. Cela ne dispense pas d’une évaluation médicale adaptée.
Le Training Neuro Sensoriel traite-t-il les vertiges ?
Le Training Neuro Sensoriel n’est pas présenté comme un traitement médical du vertige, de la maladie de Ménière, du VPPB ou de la PPPD. Il propose une évaluation et un entraînement neurosensoriels qui peuvent être envisagés en complément lorsque le profil de la personne s’y prête.
Faire le point sur vos symptômes
Si vos vertiges ou sensations d’instabilité persistent malgré des examens rassurants, ou semblent fortement liés aux environnements visuels, au stress et à l’hypervigilance, un bilan en Training Neuro Sensoriel peut permettre d’explorer votre fonctionnement neurosensoriel.
Le premier rendez-vous permet de reprendre votre parcours, les examens déjà réalisés, les circonstances dans lesquelles les symptômes apparaissent et les réponses observées lors des tests avec les diploscopes.
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Références
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PubMed – article complet / résumé
Staab J. P. Persistent Postural-Perceptual Dizziness. Seminars in Neurology, 2020; 40(1):130–137. DOI : 10.1055/s-0039-3402736.
PubMed – Persistent Postural-Perceptual Dizziness
Popkirov S., Staab J. P., Stone J. Persistent postural-perceptual dizziness (PPPD): a common, characteristic and treatable cause of chronic dizziness. Practical Neurology, 2018; 18(1):5–13.
Article sur la PPPD – PMC
StatPearls. Vertigo in Clinical Practice: Evidence-Based Diagnosis and Treatment. NCBI Bookshelf.
NCBI Bookshelf – Vertigo
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